Depuis notre enfance nous observons nos parents, peut-être un grand frère, une grande sœur, nos ainés, nos enseignants pour mieux appréhender et comprendre le monde. Arrivés à l’âge adulte et surtout si nous sommes attirés par l’exploration de notre esprit, qui peut nous guider dans notre questionnement et notre réflexion existentiels? Encore une fois notre entourage ? Les personnes que l’on admire ? Les causes qui nous interpellent avec leurs leaders politiques ou religieux ?
« Doute de tout, y compris de ce que je viens de te dire. ». « Carte blanche » du Bouddha pour que chacun suive son propre sens du bien et du mal, cette phrase est tirée du Kālāma Sutta ; l’un des sutta souvent cités dans le bouddhisme theravada. La première des rigueurs, n’est-elle pas de remettre les choses dans leur contexte ?

« Les Kalamas, habitants de Kesaputta, interrogent Gautama Bouddha : différents maîtres énoncent différentes doctrines, et ils ne savent qui croire. Le Bouddha leur répond : « C’est pour ces raisons, ô Kalamas, que nous avons dit ainsi, Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l’avoir entendu de façon répétée ; ni du fait de la tradition ; ni du fait de la rumeur ; ni du fait que ça se trouve dans une écriture ; ni du fait d’une supposition ; ni du fait d’un axiome ; ni du fait d’un raisonnement spécieux ; ni d’un parti-pris en faveur d’une notion à laquelle on a pu réfléchir ; ni du fait de l’apparente habileté de quelqu’un d’autre ; ni du fait de la considération « Le moine est notre maître. » O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes : « Ces choses sont mauvaises ; ces choses sont blâmables ; ces choses sont condamnées par les sages ; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur, abandonnez-les. »
Traduction de la quinzième strophe du sutta n° III-65 de l’Anguttara Nikaya

Nous sommes habitués à chercher des solutions à l’extérieur de nous-mêmes. Nous nous référons aux livres, aux experts et peut-être aspirons-nous à trouver un guide plus ou moins charismatique pour éclairer notre cheminement. Cependant le Bouddha nous met en garde, en effet pourquoi rechercher la réponse ailleurs quand nous l’avons déjà en nous ? La compréhension de notre esprit par l’observation, nous aide à dévoiler ce trésor de Sagesse primordiale qui demeure au cœur de notre Être. Ecouter, lire, étudier, réfléchir : oui ! Mais surtout, soyons vigilants et appliquons-nous à vérifier que les « arguments d’autorité », de respect ou de pouvoir, font écho à cette Sagesse. Toute vue ou croyance doit être testée au moyen des résultats qu’elle donne lorsqu’on la met en pratique ! Vérifiée à l’aune de notre propre expérience, au-delà de nos conditionnements mentaux, cette capacité à remettre en question nos croyances de façon appropriée est appelée l’Attention Juste.

Se rassembler, une à deux fois par semaine, afin de formuler une aspiration à se libérer de la souffrance, pour soi et pour les autres, instaure une communauté de pratique, territoire privilégié d’investigation, d’entraide et de joie participative. Chacun y reçoit l’ensemble des bienfaits partagés en fin de session. C’est pour cela que le sangha est l’un des trois joyaux du bouddhisme.
Aûm
